Le 15 mars 2017, aux Grands Voisins (Paris, 14e), s'est déroulée la journée de lancement de la nouvelle saison du projet QSEC². Les huit associations opératrices, les représentants des financeurs, des scientifiques, des acteurs locaux, se sont retrouvés avec les citoyens pour discuter ensemble autour du thème 'mobilités'. L'évènement a vu une participation significative des groupes de citoyens, acteurs principaux de cette journée, qui, avec enthousiasme, ont apporté des nouvelles idées et propositions pour l'avancement du projet.

Un mur des Mobilités surprenant

La journée débute par la réalisation de cartes mentales. A leur arrivée, les participants étaient invités à représenter l'itinéraire effectué pour atteindre les Grands Voisins. Les nombreuses cartes accrochées au mur montrent le plaisir que les citoyens ont pris dans la mobilisation de leur créativité pour cet exercice. Les différentes façons de dessiner, de décrire et de timer son itinéraire, révèlent la diversité que chaque individu a dans la perception et représentation d'un trajet.

 

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Lancement de la journée

A 15h30 l'évènement commence avec la présentation de Claire Garraud, chef de projet à l'Exploradôme et coordinatrice du projet. Elle énonce le déroulement de l'après-midi et exprime sa reconnaissance pour le grand nombre de participants et la coopération de tous les partenaires dans la réalisation de cette journée.

 

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Puis Jean-Baptiste Paulin, chef de projet à l'Exploradôme, en charge de la conception de l'exposition, a fait un point sur la future exposition itinérante sur les 'mobilités'. Il explique la structure de l'exposition et le rôle de la journée dans l'avancement de celle-ci. Il assure les participants que tous les groupes citoyens participants au projet recevront l'exposition dans leur propre département.

 

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La bataille des liens

Karine Varaldo, chargée de mission aux Petits Débrouillards Ile-de-France, présente les pépites du web collectés par divers acteurs du projet. En partant de l'idée de traiter des mobilités aux échelles individuelle, de la ville et internationale, elle propose une série de sites traitant de différentes thématiques. D'abord, Karine aborde le mouvement à travers la question du fonctionnement des articulations des animaux, en montrant les créatures imaginaires de Theo Jasen, drôles de machines-engrenages qui utilisent le vent pour se mettre en mouvement. Elle passe ensuite au sujet du trafic en ville avec un jeu pour comprendre comment les bouchons se forment et comment les déplacements créent des nuisances et pollutions environnementales. La problématique de la mobilité réduite est aussi traitée en révélant l'existence d'une application qui signale les lieux en France respectant les normes d'accès pour les personnes en situation de handicap. Pour ce qui concerne l'échelle internationale, Karine s'est appuyée sur différents liens pour évoquer : la densité des déplacements au niveau mondial en affichant en temps réel la quantité d'avions dans le ciel; la discrimination des immigrés qui quittent leur pays pour raisons diverses et se retrouvent mis à la marge dans leurs nouvelles villes ; l'inégalité d'accès aux pays étrangers selon le pays d'origine. Cette exploration du web a suscité des débats entre les citoyens sur les enjeux des mobilités.

 

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Les ateliers :

A 16h30 les ateliers démarrent. Les participants se répartissent en quatre groupes selon la couleur du post‑it choisi au début d'après-midi. Chaque atelier est animé par deux responsables des huit associations opératrices.

Atelier 'Fleur de mobilités'

L'atelier animé par Claire Le Moine (Exploradôme), David Ernaux et Grégory Bourvéau (Association Science Technologie Société), vise à créer des fleurs représentant la mobilité de chaque participant. L'activité se déroule sur deux temps. D'abord les citoyens sont appelés à identifier des critères et des questions qui pourraient être posées aux visiteurs de l'exposition afin de connaitre leur mobilité : 24 questions ont été formulées et classées par catégories (profil sociologique, origines, destination de rêve, conditions de transport, temps de transport par jour, moyens de transport, etc.).

 

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La deuxième partie de l'atelier propose aux participants de sélectionner et d'intégrer des critères dans un dispositif sous forme de fleur : les critères sont associés à des éléments comme la taille de la tige, la couleur de la tige, la couleur du cœur, des pétales, des feuilles, etc.

 

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Atelier 'Paradoxe de Braess'

L'atelier sur la fluidité de la circulation est animé par Vera de Sousa (Paris Montagne) et François Gaudel (Science Ouverte). L'activité commence par l'explication du paradoxe de Braess par Vera, avec un exemple concret du cas de New York où une artère importante pour la circulation de la ville a été fermée sans apporter de problèmes sur le trafic qui, au contraire, est devenu plus fluide.

 

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Cet exemple est ensuite traduit par François à travers un jeu de rôle : en mettant les participants en situation, il leur demande de dessiner un trajet pour aller d'un point A à un point C en passant par les points B et B'. Le surprenant résultat indique qu'en supprimant la voie rapide, la moyenne du temps de trajet diminue par rapport à la situation où cette voie est empruntée. La deuxième expérience voit François créer un dispositif constitué de ficelles, pour marquer les voies à temps fixe, d'élastiques, pour marquer les voies à temps variables, d'un crochet, pour marquer la voie rapide, et d'un poids (la bouteille d'eau) ...

 

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... à votre avis, que va-t-il se passer lorsque l'on va décrocher la « voie rapide » ? 

 

Atelier 'Voiture sans chauffeur'

L'atelier animé par Jean-Baptiste Paulin (Exploradôme) et Marie-Christine Garnot (Terre Avenir), se base sur une étude menée par le Boston Consulting autour du concept des voitures autonomes. Les quatre scénarios proposés par l'étude ont été expliqué aux participants. Il s'agit de quatre étapes progressives qui représentent : la situation actuelle, la diminution des véhicules classiques au profit des véhicules électriques autonomes personnels, la seule présence de véhicules autonomes personnels, et enfin, des flottes de véhicules autonomes partagés et appelés 'robot-taxi'. La discussion est entamée autour des impacts de ces différents scénarios :  pollution, accidents de voitures, moyens de production de l'électricité, futur des grandes compagnies pétrolières et de l'industrie des véhicules. Ils observent que la présence des 'robot-taxi' implique un changement de mentalité et de capacité de partager, mais est-ce que c'est un système fonctionnel pour tous les milieux, notamment rural et urbain ? Comment ce changement s'effectuera ?

 

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Les citoyens semblent opter pour le choix d'une réalité mixte entre voitures normales et voitures autonomes personnelles, permettant encore de gérer sa propre liberté de déplacement.

 

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Atelier 'Plan d'action local'

L'objectif de cet atelier était de réunir des idées pour la construction des plans d'actions locaux, c'est-à-dire la mise en place d'une programmation culturelle concertée autour de la thématique, sur le territoire d'accueil de l'exposition, grâce à un réseau de partenaires locaux pédagogiques, scientifiques, économiques, politiques, etc. Il était animé par Charlotte Barrois de Sarigny (Espace des Sciences Pierre-Gilles de Gennes, ESPGG), Allison Messanga (ESPGG) et Paula Bruzzone (Planète Sciences Ile-de-France).

 

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Dans un premier temps, les participants étaient invités à identifier des exemples d'actions et d'acteurs potentiels des plans d'action locaux. Puis, à partir de consignes tirées au sort (mot-clé, type d'action), ils ont dû en binôme ou trinôme développer une idée d'évènement et la décrire en détails. Rendez-vous dans un an pour la mise en pratique ?

 

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En parallèle, un atelier pour les enfants était organisé dans le « labo » des petits débrouillards, avec au programme expériences scientifiques et constructions (mobiles) autour du mouvement.

 

L'intervention de l'Institut d'Aménagement et d'Urbanisme 

A 18h la journée se termine avec l'intervention de M. Nguyen-Luong, Directeur du Département Mobilité et Transports à l'Institut d'Aménagement et d'Urbanisme d'Île-de-France. Grâce à des enquêtes auprès des populations, l'intervenant explique les grandes tendances de la mobilité quotidienne en Île-de-France. Les études démontrent que la région enregistre presque 41 millions de déplacements par jour avec un temps moyen de transport d'environ 92 minutes.

 

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De plus, M. Nguyen-Luong illustre que durant ces dix dernières années, l'heure de pointe des déplacements s'est décalée de 18h à 21h. L'Île-de-France présente des services de mobilité différenciés comme le vélo, les bus, les voitures électriques. Les citoyens peuvent choisir le type de déplacement (long, court, urbain, etc...) selon leur aisance de mouvement (handicap, femmes enceintes, etc.). M. Nguyen-Luong observe aussi que des nouveaux modèles de déplacement sont en train de gagner de plus en plus d'importance dans notre société (les sociétés de covoiturage, autopartage, vélos à assistance électrique) amplifiant ainsi l'offre pour les citoyens.

 

La journée s'est clôturée par un apéritif tous ensemble ! 

 

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(c) crédit photo Pierre-Yves Merle